Santé mentale au travail : comment construire le parcours de formation adapté à votre entreprise ?
Les transformations numériques, technologiques et organisationnelles, l’évolution des métiers et des marchés sollicitent en permanence les capacités d’adaptation des entreprises, des collectifs et des personnes.
Dans ce contexte, la santé mentale au travail ne constitue pas uniquement un enjeu social. Une population en bonne santé mentale, physique et sociale est aussi une ressource pour l’organisation : elle favorise la capacité à apprendre, coopérer, résoudre des problèmes, s’adapter, innover et contribuer durablement à la performance collective.
L’enjeu consiste donc à construire une stratégie permettant d’allier santé mentale au travail et robustesse opérationnelle.
Quatre besoins complémentaires
Une stratégie de développement des compétences en santé mentale au travail peut répondre à quatre besoins :
Promouvoir la santé mentale au travail consiste à développer les ressources individuelles et collectives utiles dans l’activité professionnelle.
Cela peut passer par des conférences ou ateliers consacrés, par exemple, au sommeil et à la récupération en contexte professionnel, à la concentration, aux compétences psychosociales, à la communication, à l’intelligence émotionnelle, à la régulation des charges mentales et émotionnelles ou encore à l’équilibre professionnel et personnel.
Les ateliers de bien-être au travail et des activités santé et psychocorporelles, comme la sophrologie, ont donc toute leur place, lorsqu’ils sont positionnés comme des actions de promotion de la santé et de développement des ressources, et non comme un substitut à la prévention des risques professionnels.
Prévenir consiste à agir le plus en amont possible sur les facteurs organisationnels et les situations de travail susceptibles d’altérer la santé mentale et sociale.
C’est ici que les démarches de prévention des RPS et QVCT prennent tout leur sens ensemble : la prévention permet d’identifier les facteurs de risque ; la QVCT offre un cadre participatif permettant de mettre les situations de travail en discussion et de faire émerger des améliorations concrètes.
Prenons un exemple. Un système informatique peut obliger les collaborateurs à multiplier les vérifications, rechercher des informations dans plusieurs outils, corriger manuellement certaines données ou contourner des étapes, tout en maintenant les délais et en répondant aux demandes des clients.
Lorsque ces compensations deviennent quotidiennes, elles augmentent la charge mentale et les tensions. Mais la même analyse permet également d’identifier des améliorations du système, de l’organisation ou du processus.
Agir sur la situation de travail peut ainsi simultanément préserver la santé mentale des équipes et améliorer la qualité, les délais et la fiabilité du fonctionnement.
Les managers comme les employés ont chacun des rôles et des compétences spécifiques à développer.
Les référents, jouent, pour leur part, le rôle de facilitateur et animent le processus d’amélioration continue des situations et conditions de travail.
Les salariés désignés enrichissent les évaluations et la gestion des risques tant sur le volet RPS, que le volet TMS ou l’ensemble des risques qu’ils soient liés au travail de bureau (fatigue visuelle, risques liés à la sédentarité, à l’activité physique ou aux risques psychosociaux) ou aux autres aspects du travail.
Suivant la taille de l’organisation, un groupe projet/comité de pilotage et la direction peuvent être spécifiquement formés.
La régulation repose sur deux dimensions complémentaires :
- l’autorégulation, qui permet à chacun d’identifier ses signaux de surcharge, prendre du recul, mobiliser ses ressources et agir sur ce qui dépend de lui ;
- la co-régulation, qui permet à une équipe et à son management de mettre une difficulté en discussion, revoir les priorités ou l’organisation et rechercher ensemble des solutions.
Ces compétences peuvent être intégrées directement dans les formations destinées aux managers et aux collaborateurs.
Elles peuvent également faire l’objet d’un accompagnement plus ciblé pour les personnes particulièrement sollicitées ou ayant besoin d’un pas de côté pour récupérer, retrouver des ressources et mieux redémarrer.
Lorsque la santé a déjà été affectée, l’action peut également concerner le maintien ou le retour au travail et l’adaptation des situations professionnelles.
Elle peut alors nécessiter une articulation entre la personne, le management, l’organisation du travail et, lorsque nécessaire, les professionnels de santé ou dispositifs spécialisés.
Des accompagnements et formations spécifiques permettant de retrouver son équilibre sont à prévoir.
Il peut également être utile de former des secouristes en santé mentale pour savoir intervenir en cas de situations dangereuses pour l’intégrité d’un collaborateur.
Qui former ?
La montée en compétences peut concerner plusieurs niveaux d’acteurs.
La direction, les RH, les responsables RSE, SST et les futurs référents
peuvent commencer par une sensibilisation ou une Fresque de la santé mentale au travail et de la QVCT afin de partager une vision commune et d’identifier le chemin adapté à leur organisation.
Le Référent prévention en santé mentale au travail – QVCT – RPS
structure la démarche transverse, mobilise les parties prenantes et devient progressivement facilitateur et animateur de l’amélioration continue des situations de travail.
Les managers et responsables tranversaux – chefs de projet
développent leur capacité à intégrer la prévention dans leur management quotidien, à favoriser la co-régulation avec leurs équipes et à renforcer leurs propres capacités d’autorégulation.
Les employés, ouvriers, agents
deviennent eux aussi acteurs de prévention : ils développent leurs ressources individuelles et leur capacité à participer à l’identification et à l’amélioration des situations de travail.
Construire le parcours adapté à votre entreprise
Vous souhaitez structurer votre stratégie de développement des compétences en santé mentale au travail, QVCT et prévention des RPS ?
L’ILQVT vous accompagne pour identifier, à partir de votre contexte, du niveau de maturité de votre organisation et des compétences déjà présentes, le parcours et l’accompagnement le plus adapté à votre entreprise.